Notre rencontre spéciale et un peu dramatique. Un ami inattendu.
Il faisait chaud à 2h du matin ce soir de fin juillet… Un homme me doubla criant d’appeler la police. Il venait de se faire dépouiller de sa valise et de son sac à dos . Plus d’argent, il en avait peu. Plus de téléphone. Plus de docs de sa petite société de maçonnerie. Plus de photos de sa femme et son fils de 8 ans tués tous les deux dans un accident de la circulation…. Projeté sans plus rien sur le pavé de la belle promenade des anglais, où je fumais mon dernier Monte Cristo. Tranquille.
Je lui dis » Attends ! Viens ! Comment t’appelles tu ? A quel endroit est ce arrivé ? » Raphaël Fortunato me répondit d’un seul trait puis s’effondra dans mes bras. Je le réconfortait comme vous l’imaginez , en l’entourant de mes bras, lui parlant gentiment, le pressant contre moi dans un long « HUG ». Il pleurait comme un enfant épuisé, annéanti. Je savais que , contre toute apparence, ce beau petit homme de Calabre, musclé, sec, fin , était en train de toucher le fond pour se libérer de son lourd passé. D’un seul coup. L’énergie divine l’a envoyé vers moi, comme tant de fois maintenant depuis quelques années…
Après 10mn d’évacuation de tout son stress , de son chagrin, de désarroi, je lui tapais un peu sur la nuque et le dos, l’invitant à nous séparer. Il fallait bien rebondir. Débriefer ce qui venait d’arriver. L’éclairer et le guider. Le soutenir de façon pratique et lui permettre, dépouillé, de marcher confiant sur un chemin mieux fleuri…. Pendant que la police prenait son temps, j’allais chercher la trottinette à l’appartement de ma mère, à 200m de là. Raphaël attendait la police faisant les 100 pas et interpellant les passants susceptibles de témoigner de son agression. Pour ma part , muni de la terrible mobilité que confère la trottinette électrique, je fis rapidement le tour du quartier, à la recherche des voleurs et d’une machine à cash … Je retrouvais Raphaël qui attendait toujours la maréchaussée, si mal chaussée… Je lui donnais 100 € et proposais d’appeler sa banque et son opérateur pour bloquer les cartes. La police finit par arriver et pour Raphaël et moi la situation était sous le contrôle de nos actions. Que pouvais bien faire ces pauvres flics , démunis de tout… Je décidais donc de rentrer en souhaitant une bonne fin de nuit à tous.
Raphaël Fortunato me demanda mon numéro de téléphone. Nous allions rester en contact. Nous donner des nouvelles… Et nous venons de nous rencontrer pour faire vraiment connaissance. On est pote. On est Fratelli. On parle italien du Frioul et de Calabre. Il viendra me retrouver en Sardaigne où je m’installe le 20 Septembre. Raphaël est un guerrier. Il reprend la pêche et le dessus. Sa vie va s’éclairer et comme tant d’autres rencontres, illuminer la mienne…

